Huntington avait tort . Le clash prevu ne concerne pas les civilisations entre elles , mais s'applique au moins , aujourdhui , au sein meme de l'islam dans le monde arabo-musulman .
Ce sont des composantes archaïques et rétrogrades du monde musulman qui
tentent d’imposer leur loi à d’autres croyants musulmans, dont la foi
s’exprime de façon différente, visiblement plus sereine, ouverte et
humaniste, tout en affichant leur respect des préceptes du Livre saint.
Il convient de s’alarmer de cette situation soutenue par des stratégies
d’influence venues d’un ailleurs étranger à la région méditerranéenne,
car elle constitue une menace tant pour les pays visés que pour leurs
voisins, y compris non musulmans.
Le constat
Les révoltes arabes ont fait naître, dans les pays qui ont connu le
renversement de leur régime politique, un grand espoir de liberté, de
dignité et d’émergence de la capacité égale des citoyens de participer
aux choix politiques qui président à leur destin. Dans les faits, ces
révoltes ont conduit à l’accession au pouvoir de mouvements politiques
islamistes qui se sont révélés répondre à une certaine aspiration des
citoyens à moins de corruption, à plus d’équité ainsi qu’à un
renforcement de la valorisation de leur identité arabo-musulmane. Il est
certain que cette région, qui depuis les indépendances a connu la
domestication du fait religieux par les pouvoirs autoritaires, éprouve
une religiosité intrinsèque qui la met en résonance avec les démarches
de certains pays du Golfe arabe, prônant le retour aux sources de
l’islam et la rend vulnérable aux instrumentalisations extérieures. La
chaîne Al Jazeera et son prédicateur vedette, Al Qaradawi, en
constituent l’un des vecteurs(1).
Deux ans après les premiers soulèvements, force est de constater que
ces bouleversements ont, avec la complicité active des nouveaux
gouvernements ou en raison de leur incapacité à contrôler les ailes les
plus dures de leur parti, ouvert la porte à des composantes politiques
le plus souvent brutales et violentes, drapées dans leur version du
religieux pour promouvoir un retour à un passé idéalisé sans rapport
avec les réalités actuelles. Ces composantes, sous des formes
diverses(2), y compris djihadistes, se réclament toutes du
wahhabisme(3), mouvement politico-religieux saoudien fondé par Mohammed
ben Abdelwahhab, qui estimait que l’islam devait être ramené à sa forme
originelle, selon son interprétation du Coran et des Hadiths, différant
ainsi des autres doctrines de l’islam, très largement majoritaires. Les
wahhabites rejettent tous les autres courants de l’islam qu’ils
considèrent comme hérétiques.
En Tunisie, Libye, Egypte, Syrie, à des niveaux divers et en fonction des situations politiques, nous observons :
- L’établissement de régimes autoritaires sous l’impulsion des
islamistes prônant ou favorisant les règles et usages wahhabites et/ou
lutte des milices islamistes armées contre le pouvoir, élu comme en
Libye ou imposé comme celui d’Assad, tout en s’affrontant aux autres
composantes laïques ou non wahhabites pour imposer leur domination.
- L’apparition de brigades réprimant des comportements jugés non
conformes aux critères wahhabites, pourchassant les attitudes jugées
licencieuses entre hommes et femmes.
- La destruction de mausolées, d’églises ou de mosquées non rattachées
au wahhabisme, le squat de mosquées, la condamnation des fêtes et
célébrations religieuses de rite malékite, l’agression contre les
manifestations artistiques et festives sortant des codes salafistes.
- Des actes violents allant jusqu’à l’assassinat de personnalités
progressistes, des actions contre des manifestants non religieux et des
incidents dévoilant l’existence d’armes et de mouvements terroristes se
réclamant du djihadisme.
-L’accroissement des actions d’intimidation et d’humiliation contre les
étrangers, les chrétiens, spécifiquement les coptes, les juifs, mais
également contre les chiites, les alaouites, les soufis.
- La prolifération des conférences de chouyoukh wahhabites, la création
d’associations religieuses fondamentalistes, la multiplication de
prêches salafistes, la multiplication des visites de chouyoukh du Golfe,
tout cela dans des régions de tradition étrangère au wahhabisme.
Les pays n’ayant pas connu de révoltes subissent également cette
volonté de domination wahhabite. Au Bahreïn, l’Arabie Saoudite et les
autres Etats du Golfe conduisent une répression meurtrière contre un
mouvement de protestation chiite opposé au pouvoir sunnite minoritaire.
La monarchie saoudienne a volé au secours de son allié, prétextant de
l’instrumentalisation de la rébellion par l’Iran chiite et craignant
sans doute de voir s’exacerber l’opposition chiite dans le royaume
wahhabite. Le Liban est depuis longtemps confronté à cette pression qui
s’exerce le plus souvent à travers les camps palestiniens à Tripoli,
bien sûr(4), mais aussi en d’autres sites.
Au Sahel, plus précisément au Mali, ces mouvements, sous le drapeau de
milices islamistes alliées à des bandes de trafiquants ou de terroristes
se réclamant en partie d’Al Qaîda, ont élargi leur zone d’action. Après
avoir conquis le nord du pays, le soumettant à des règles rétrogrades
appuyées sur une vision de la charia interprétée dans son acception la
plus archaïque, ces mouvements ont entrepris d’occuper le Sud en
détruisant, au passage, les fondements identitaires et religieux des
populations locales : destruction des mausolées et de documents
historiques et religieux, application brutale de la charia dans une
version fondamentaliste étrangère aux us locaux, etc.
Le Maroc, peu après l’explosion des révoltes arabes en 2011, a été
démarché pour rejoindre le club des monarchies arabes du Golfe : le
Conseil de coopération du Golfe. La Jordanie, elle-même épargnée par ces
révoltes jusqu’à aujourd’hui, plus perméable sans doute aux influences
du Golfe, faisait acte de candidature spontanée au Conseil de
coopération du Golfe arabe (CCEAG).
L’Algérie, où le régime a su se préserver du mouvement des révoltes
arabes, à la fois pour des raisons liées à son histoire récente mais
aussi compte tenu des structures du pouvoir, semble également sous la
pression de cette volonté dominatrice wahhabite. Elle se retrouve
désormais avec des combattants salafistes rescapés des combats internes
des années 1990, notamment dans le Sud, sur ses frontières avec le
Sahel, et ceux-ci ont fait la liaison avec les mouvements opérant hors
de ses frontières. Néanmoins, si des tentatives de créer un parti
d’obédience wahhabite sont apparues, celles-ci ne semblent pas en mesure
d’atteindre leur objectif.
Ces divers événements ne peuvent pas être innocents et il est
difficilement imaginable qu’ils ne soient pas reliés. Ils relèvent d’une
même dynamique. Quelle stratégie sous-tend ces démarches ? A partir de
ce constat, il est difficile de ne pas identifier une volonté
stratégique qui peut s’exprimer selon les trois priorités suivantes :
- Tout d’abord, sous couvert d’un retour à la «vraie foi», soumettre
les populations à des exigences reposant sur une interprétation
archaïque des textes fondamentaux et ainsi, à travers ce carcan qui
règle le quotidien de tous les instants, étouffer toute velléité des
individus de recherche d’autonomie, de libre arbitre et d’ouverture au
monde(5). Les concepts mêmes de démocratie, de droits de l’homme,
d’équité homme-femme, de liberté de conscience, d’égalité entre les
êtres humains sont de facto hors la loi.
- Ensuite, imposer la loi divine selon son interprétation wahhabite
comme seule et unique référent du pouvoir. Ainsi, les autres expressions
de l’islam étant écartées, le pouvoir est étroitement lié à la source
du wahhabisme, ouvrant la voie à un califat musulman englobant le monde
arabo-musulman, voire plus si affinités, qui assure la domination
religieuse et donc politique par cette source(6). Le danger de la
reproduction des révoltes nées dans des pays non féodaux est ainsi
écarté(7).
- Si les monarchies ont, semble-t-il, constitué des remparts contre les
soulèvements, il convient aussi de s’assurer qu’elles ne puissent pas
être contaminées par l’émergence de ce si mal nommé Printemps arabe.
Pour cela, il est imaginé de rassembler ces monarchies dans une
alliance(8) qui aurait pour avantage de regrouper les pays à faible
démographie du Golfe avec d’autres, plus peuplés, au Maghreb ou au
Proche-Orient, pour faire bénéficier l’ensemble non seulement de la
disponibilité de masses humaines mobilisables, mais aussi de moyens
militaires organisés et entraînés de leurs forces armées.
Cette stratégie n’est évidemment pas affichée, d’autant plus qu’elle
est l’objet d’une concurrence entre l’Arabie et le Qatar(9), qui jouent
cependant la même partition pour leur bénéfice propre et pour celui des
Etats-Unis : le containment de l’Iran. Ces Etats poursuivent des
politiques différentes avec des partenaires parfois distincts(10) et des
priorités occasionnellement divergentes(11), mais étroitement
déterminées par les rapports existant entre ces pouvoirs et les oulémas
qui sont sensiblement différents. Elle est d’ores et déjà dénoncée par
les responsables les plus éclairés. Cela apparaît dans des travaux
universitaires(12), des déclarations politiques ou sur des sites
internet dont nombreux sont l’émanation de musulmans qui s’insurgent
contre ce qu’ils vivent comme une violence faite à leur propre foi : «Ce
groupe (les wahhabites) qui se nourrit d’ignorance dans la croyance,
d’extrémisme dans le dogme et de violence dans l’action, ne réussit à
diffuser sa propagande que grâce aux richesses des pétrodollars.»
(13) Mais il est plus pertinent de faire référence à des hommes de
religion, tel le cheikh Chemseddine Baroubi Al Jazaïri, célèbre imam
algérien, qui n’hésite pas à mettre en garde les Tunisiens contre
«l’invasion du wahhabisme»(14 ). Il est aussi possible d’évoquer la
création, le 31 janvier 2013 à Alger, de la Ligue des oulémas du Sahel
destinée à «combattre l’extrémisme, le fanatisme et la criminalité» et à
«trancher les questions de la religion et éviter ainsi le recours à des
canaux et des pensées qui sont loin de refléter notre ouverture sur le
monde, notre pratique religieuse et nos références théologiques». Les
conclusions de cette rencontre fondatrice dénoncent ainsi «les crises
qui touchent le monde musulman constituent une atteinte à ses références
religieuses, à son unité territoriale et à ses principes
fondamentaux»(15).Une stratégie apparaît donc, visant à imposer une
certaine vision obscurantiste de l’islam, une domination religieuse et
donc politique par une seule source de pouvoir et enfin un modèle unique
de gouvernance monarchique pour le monde arabo-musulman.
Qui soutient ces modes d’action ?
Cependant, ces modes d’action nécessitent des soutiens financiers
puissants, à la fois pour recruter des hommes, combattants(16) ou
militants, mais aussi pour disposer de moyens logistiques, d’armes et de
relais. Ces soutiens, évidemment discrets compte tenu à la fois de
leurs objectifs peu avouables et de leurs méthodes d’intervention, ne
dédaignant de plus ni la violence ni le terrorisme, sont délicats à
identifier.
Compte tenu des stratégies évoquées, il est aisé d’imaginer où se situent les centres fournisseurs de soutien.
Ils sont d’ailleurs régulièrement évoqués dans la presse, tant lors des
commentaires sur les attentats du 11 septembre 2001, que lors des
révoltes arabes ou de l’intervention au Mali.
De fait, les fonds mis à disposition ne relèvent pas forcément de la
puissance publique officielle, mais d’initiatives prises par des hommes
qui se trouvent plus ou moins proches du pouvoir (17 ).
Ce soutien, venant du Qatar ou d’Arabie Saoudite est, par nature, très
discret. Il a été régulièrement dénoncé en Tunisie, comme s’exerçant
auprès des salafistes, en Libye au profit des milices de l’Est, en
Egypte à l’avantage du parti Al Nour, en Syrie en appui aux Frères
musulmans et à diverses autres mouvances, armées ou non, comme Jabhat Al
Nosra ou Ahrar Al Sham encore plus radicaux, etc.
Ce soutien est également observé au Mali au profit de Ançar Eddine
(proche d’Al Qaîda au Maghreb islamique) et du Mujao (Mouvement pour
l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest). Il n’est pas inintéressant
de relever que le Qatar, dont la section du Croissant-Rouge a été
particulièrement active au Sahel, est l’un des rares pays à avoir
déclaré officiellement son opposition à l’intervention armée française,
au profit et à la demande du Mali confronté à une tentative de conquête
par une alliance de circonstance de mouvements terroristes, mafieux et
islamistes.
D’autres voies, plus transparentes, permettent également ce type de
soutien à travers l’aide à la construction d’édifices et de centres
religieux à l’étranger, dans lesquels est souvent prêché le wahhabisme,
ou le financement de chaînes de télévision pratiquant également le
prosélytisme(18). Des bourses sont généreusement attribuées à des
ressortissants arabes, invités à étudier la religion islamique dans les
universités, dont «une fois diplômés, la grande majorité de ces
étudiants, sous influence wahhabite, rentre prêcher cette version de
l’islam dans leurs pays respectifs, tandis que les meilleurs d’entre eux
deviennent des salariés du royaume saoudien». Même s’il est difficile
d’apporter des preuves tangibles de ce soutien aux mouvements
d’inspiration wahhabite, il est évident que la multiplicité des
soupçons, sur des théâtres aussi divers que la Tunisie, la Syrie, la
Libye ou le Mali, ainsi que les faisceaux de présomption reposant sur
les prises de position officielles ou d’organismes liés aux pouvoirs,
constituent des éléments convaincants étayant la crédibilité de cette
volonté.
Quel danger pour le monde euroméditerranéen ?
Au demeurant, il est légitime de s’interroger sur l’importance que
cette stratégie peut avoir sur les intérêts français et plus largement
européens car à défaut de menace, voire de risques, la question pourrait
apparaître aux Européens comme indifférente. Malheureusement, cela ne
semble pas être le cas.
- Tout d’abord, ces soutiens financiers profitent à des acteurs qui,
bien qu’éloignés de l’Europe, agissent contre ses intérêts. C’est le cas
des groupuscules fondamentalistes sectaires et potentiellement
violents, notamment au Pakistan ou en Afghanistan, mais aussi en Afrique
subsaharienne.
- Sur le pourtour méditerranéen et dans l’Afrique francophone, les
désordres, engendrés par cette volonté d’imposer la règle wahhabite aux
populations, mettent en péril les intérêts européens, mais aussi
l’existence même de liens historiques, tout en créant les conditions
d’un accroissement important de l’émigration qui fatalement se dirigera
majoritairement vers la France. Les déstabilisations qui en découleront,
y compris du fait des échecs économiques attendus, seront propices à la
défaillance des Etats et donc à l’émergence de zones en déshérence ou
de non-droit, traditionnellement favorables au développement de bases
terroristes. La crise au Mali donne une illustration instructive de ce
qu’aurait pu devenir ce pays, entraînant avec lui les pays frontaliers,
vers un avenir de soumission à des règles archaïques, imposées par la
violence, sans aucune tolérance pour les non-wahhabites et bien
évidemment sans respect de la dignité ni des droits humains.
- Sur le territoire français ou européen, les conséquences d’une
immigration massive ne manqueraient pas de déstabiliser les équilibres
sociaux déjà bien fragiles. Les liens familiaux existants avec les pays
d’origine des citoyens européens arabes entraîneraient inévitablement de
leur part des engagements partisans, sources de tensions internes entre
mouvances immigrées, sans écarter l’accroissement du risque terroriste
visant à infléchir les positions de la France dans telle ou telle
direction. Enfin, l’expansion dans nos populations d’une doctrine
archaïque en tous points opposée(19) aux valeurs fondamentales de
l’Union européenne et de la République, au détriment de l’islam
traditionnel des pays d’origine de nos concitoyens arabes, n’est pas
favorable au renforcement de l’harmonie du peuple français, et plus
largement européen.
La France et l’Europe, dans une mesure assez similaire, sont
directement concernées par cette stratégie visant la soumission du monde
musulman africain et proche-oriental à cette volonté wahhabite. Si
cette stratégie devait atteindre ses objectifs, nous aurions à faire
face à un renforcement des menaces pesant sur nos intérêts tant
domestiques qu’internationaux. Nous serions également confrontés à un
environnement immédiat fait de pays dépendants de pouvoirs éloignés,
enfermés dans des rapports sociaux frustrants, intolérants à toute
présence autre que celle soumise à leurs préceptes religieux et fermés
aux influences étrangères.
Certes, il est possible de trouver des exemples de situations de ce
type déjà existantes et cela sans dégât majeur sur les relations
internationales... Mais ces solutions sont-elles adaptables à des pays
autrement plus peuplés et dont les ressources, même en supposant une
aide venant d’ailleurs, sont totalement sous-dimensionnées pour pouvoir,
comme dans les pays visés, satisfaire les besoins des habitants ?
En conclusion, il est temps d’interroger nos partenaires à l’origine de
cette volonté stratégique et de leur faire valoir la nécessité de
prendre en compte nos intérêts, de façon à trouver des solutions
équilibrées et responsables qui nous permettent de poursuivre, dans la
sérénité et sans accroître les risques auxquels nous sommes exposés, des
relations sereines. Les arguments utiles à une telle négociation
existent, mais mériteraient sans doute une concertation européenne,
voire occidentale.
Il est quand même paradoxal que la France entretienne un accord de
défense, et des exercices d’entraînement quadriennaux fort coûteux(20),
avec un certain pays qui est soupçonné d’agir contre nos intérêts. De
même les Etats-Unis n’ont, semble-t-il, pas beaucoup modifié leurs
relations avec l’Arabie Saoudite après les «attentats du 11 Septembre»
et leurs alliances dans la région(21) sont souvent difficilement
compréhensibles.
A défaut, il suffira peut-être de s’en remettre aux sociétés du Sud.
Celles-ci montrent déjà, notamment en Tunisie, Algérie et Syrie,
qu’elles peuvent se dresser contre ces agissements si contraires à leurs
traditions, à leurs convictions, à leur ouverture au monde et à leur
foi. Avec le même souci, semble-t-il, la Turquie inquiète de la remise
en cause des acquis de la révolte de la dignité, multiplie les dons et
conventions visant à renforcer les moyens d’action gouvernementaux en
Tunisie.
Mais une telle indétermination occidentale conduirait sans aucun doute,
à l’occasion de ces rebellions pour la dignité, à des dégâts humains
moralement insupportables dans des pays qui nous sont si proches.
Par Jean-François Coustillière : consultant indépendant Associé au groupe d’analyse JFC Conseil
Jounal AL WATAN le 12/05/2013
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.